[Blog] Citations érotiques

Texte érotique d’Anaïs Nin

Texte érotique d’Anaïs Nin : Alice (1940), la défloration d’Esmeralda par Phoebus.

À présent, tous deux étaient impatients d’atteindre l’orgasme. La chaleur toujours plus dense qui émanait du corps de cette beauté provisoirement domptée suscitait en Phoebus un désir irrésistible de mettre à l’épreuve du plaisir le corps immaculé qu’il enlaçait, et d’offrir à l’adorable vierge le premier torrent brûlant de passion qui jaillit des reins d’un homme; quant à Esmeralda, maintenant que la douleur avait fui, elle se révélait non seulement physiquement impatiente, mais également curieuse, mentalement, de voir comment cet instrument allait définitivement mettre fin à son état de vierge.
 
Il la saisit de nouveau sous les épaules, fermement, mais cette fois, c’était pour lui donner le plaisir le plus divin qui fût; elle le savait, et l’enlaça de toute la force de ses jolis bras, un passé autour de son cou, l’autre juste au-dessous des épaules.
 
Un observateur aurait remarqué l’expression extatique de la jeune fille, tandis que l’homme raidissait ses bras, les jambes appuyées contre le vieux coffre, et enfonçait son pieu d’acier d’un centimètre ou deux dans le fourreau de sa virginité.
 
Alors, pour la première fois, ces lèvres intactes qui gardaient l’entrée du sanctuaire connurent ce suprême baiser d’un homme; et ce baiser la fit frissonner des pieds à la tête; elle poussa un cri de bonheur.
 
L’espace d’un instant, inquiet devant un résultat si rapide, il se retira légèrement; puis, quand tous deux eurent récupéré de ce premier choc, il plaça à nouveau son gland à l’entrée du sanctuaire.
 
Et à présent, au contact de ces deux parties de leur corps, un tremblement délicieux commençait à les unir, par vagues. Montant de ses lèvres vierges pressées par le gland brûlant, elle sentait ce tremblement exquis de la jouissance fulgurer dans sa colonne vertébrale, jusqu’à son cerveau, tandis que les images les plus magnifiques passaient devant ses yeux; puis, elle sentait distinctement le frisson redescendre jusqu’à son temple d’amour et pénétrer, telle une vibration électrique, l’éperon brûlant, et à son tour, l’homme tremblait légèrement, tandis que le plaisir montait à son cerveau et que la même volupté l’envahissait. Sans cesse, elle passait ainsi de l’un à l’autre, à chaque retour plus délicieuse.
 
Elle l’enserra plus fermement dans ses bras, pressant ses jolies jambes contre lui; son plaisir montait encore; elle s’accrochait à lui, plus fort; son souffle brûlant se précipitait. Lui faisait appel à toues les ressources de sa volonté pour ne pas laisser jaillir le torrent de sa passion en elle, qui haletait, vibrait, s’agrippait éperdument à lui.
 
Et soudain, comme il s’y attendait, les membres de la jeune fille se détendirent, sa rigidité disparut soudain, et elle demeura immobile et sans réaction. Il leva la tête; elle avait les yeux mi-clos; ses joues étaient cramoisies; elle versait pour la première fois les larmes de sa fontaine d’amour; l’huile virginale qui ne coule jamais deux fois, s’échappait de sa coupe pour venir oindre l’instrument vainqueur de l’heureux Phoebus.
 
Il en sentit rapidement les effets sur son gland; il avait peine à se contenir; il haletait; ses hanches commencèrent de se contracter malgré lui, tant ses muscles étaient impatient d’éperonner cette beauté.
 
Son gland était à présent baigné de ce baume qui incessamment fulgurait en frissons brûlants dans tous ses nerfs. Il n’allait pas tenir bien longtemps, mais la jeune fille reprenait rapidement des forces; il leva de nouveau la tête vers elle; elle ouvrit de grands yeux brillants de larmes, mais c’était cette fois des larmes d’ivresse et de bonheur anticipé. Elle l’enlaça encore de ses bras somptueux; pressa derechef ses jambes d’ivoire contre les siennes. Ayant payé son tribut à la virginité, elle était maintenant impatiente d’en finir avec celle-ci.
 
Avec un cri éperdu, il raidit les bras, appuya ses pieds contre le coffre, pressa son instrument conquérant contre sa victime trois fois consentante.
 
Indescriptible vision que celle de ces deux corps blancs unis dans cette étreinte divine. Chaque muscle, chaque nerf tendu à se rompre, ils se fondirent l’un dans l’autre.
 
Il y eut un dernier instant de silence, d’immobilité, d’exaltation suspendue.
 
Puis un spasme puissant saisit tout le membre vigoureux, au creux de ses lèvres virginales. Elle comprit que l’orgasme était tout proche. Ils haletèrent, une fois, le souffle court.
 
Un deuxième spasme, plus intense encore que le précédent; la semence était prête à jaillir. Elle allait connaître le secret de la vie.
 
Car, dans une troisième, sublime convulsion, le premier flot de cette sève de la passion ruissela dans le temple d’amour.
 
Sa pureté s’était enfouie à jamais. Mais la gloire divine du paradis lui-même était à présent sienne.
 
Elle poussa un grand cri en sentant cette première vague destructrice et revivifiante de la passion; le cri le plus merveilleux qu’un homme pût entendre, celui d’une vierge déflorée, et heureuse.
 
Lui aussi avait crié, c’était un son étrange aux oreilles de la jeune femme; une fille ne l’entends qu’une seule fois; c’est le cri du ravissement devant le bonheur délicieux d’une vierge impatiente de connaître tout ce que la vie lui réserve.
 
Un deuxième spasme fit jaillir le liquide chaud dans le temple à présent défloré, et elle poussa un nouveau crie d’extase mais, cette fois, c’était celui de la connaissance aboutie et du désir consommé.
 
Puis, comme l’homme continuait de déverser en elle sa semence brûlante, elle commença de se débattre de plaisir sous ses assauts lubriques.
 
Elle se mit à cirer, encore et encore : “Oh, Phoebus, laisse moi je t’en prie. Laisse-moi. Laisse-moi. Tu me tues, Phoebus. Oh, Phoebus, je t’aime, je t’aime, je t’aime tant. Oh, Phoebus, par pitié laisse-moi. Par pitié.”
 
L’amant avait déjà entendu de telles paroles, mais certainement jamais d’une bouche aussi ravissante. Il arqua légèrement le dos et commença d’aller et venir en elle. Ce mouvement rendit folle la jeune fille déjà aux abois. Elle poussa un cri un cri de passion éperdue sous cette torture. Il continua à la fourrer, de plus en plus fermement; et de nouveau, elle gémit, et ce fut comme une douce musique à son oreille.
 
“Oh, Phoebus, mon amour, laisse-moi. Je t’en prie ! Je t’en prie ! Oh, mon amour, mon Phoebus, que fais-tu, que me fais-tu ? Ne me tue pas ! Ne me tue pas ! Oh non… non… par pitié, PAR PITIÉ… NON !!!”
 
Elle défaillit, comme il cessait ses assauts. La souillure était consommée.

* crédit illustration © determined / Fotolia